J'avais déjà écrit un billet sur un anime sur ce blog, il s'agissait de l'excellent Mushishi. J'avais également un peu survolé le monde du manga et de la japanimation dans ce billet.

Aujourd'hui, je publie ici une critique que j'ai rédigée pour le site communautaire animeka. Je consulte régulièrement ce site pour dénicher des séries et films d'animation, le site offre un grand nombre de resources sur le sujet ! la critique est disponible ici et je la recolle dans le blog. Celle-ci a été écrite d'un trait mais j'espère qu'elle donnera envie de regarder l'anime et/ou qu'elle plaira à ceux qui l'ont vu.

Voilà une histoire qui est autant une réussite sur le manga de Taiyo Matsumoto que sur le film du Studio 4°C !

L'histoire très émouvante de Noir & Blanc, qui mêle amour fraternel et violence naïve... Sur fond de conflits de yakuza, on suit ces deux gamins désœuvrés qui ne connaissent que la voie de la violence pour survivre dans une ville polymorphe.

Blanc et Noir me font penser au duo de "Des souris et des hommes" de John Steinbeck : une partie à l'esprit vif et acéré et une autre dont le cerveau s'est arrêté au stade de bébé, mais en définitive : 2 parties qui forment un tout indissociable. La ville est d'ailleurs le reflet des enfants : un univers où les parcs d'attractions et de jeux se développent tandis que la violence fait rage, un monde rempli de couleurs vives et de formes délurées qui paradoxalement semble devenir inhospitalière aux hommes tandis qu'elle se développe. Du reste, le titre exprime clairement le rejet d'une urbanisation amère…

Le paradoxe et les contraires sont une constante dans Amer Béton, le sadisme et le cynisme qu'on lit sur le visage des deux enfants "innocents" nous renvoie une violence beaucoup plus criante que les litres de sang qui sortent soudainement de la tête de yakuza anonymes. Même s'il y a un personnage qui joue un peu le stéréotype du méchant, la plupart des protagonistes offrent une dualité qui donnent de la consistance et rend crédible un univers irréel.

Visuellement, Amer béton est une grande réussite. Le trait tremblotant, les perspectives exagérées, des expressions uniques données aux visages ; on retrouve la même audace, la même expressivité que chez Bill Plympton (dans un style différent bien entendu). Les visages des chats renferment bien ce couple innocence/démence. Les nombreuses scènes d'actions (courses-poursuites, combats) sont assez spectaculaires et très bien animées. Les vues de la ville sont également très belles, rien n'est lisse, il y a un travail du détail et des formes qui semblent recouvrir la moindre petite parcelle de mur. Remarquez en arrière-plan tous ces murs sales, ces coulures, ces ferrailles rouillés, rien n'est limpide, à part le ciel. Cette richesse graphique ne nous étonne pas si l'on a connaissance de l'excellent et déjanté Mind Game (film plus expérimental du Studio 4°C) sorti 2 ans plus tôt.

20 ans après Akira, le Japon nous propose une autre lecture d'un futur empreint de pessimisme, mais sur fond coloré et faussement joyeux. On verra dans Amer Béton ce qu'on veut : lien fraternel, ville déshumanisée, enfance perdue entre jeux et violence etc. peu importe. Inutile de se poser de grandes questions, de trop surinterpréter ; Amer Béton est un film qui s'adresse autant aux amateurs de graphismes novateurs et exigeants qu'au fan de manga qui aime voir des combats bien rythmés, Amer Béton restant très accessible et nullement élitiste mérite une médiatisation plus grande.